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Inde : Les travailleuses du secteur de la santé et des soins mènent une action d'arrêt de travail contre les retards de paiement des salaires

Feb 18, 2026

Les travailleuses de la santé et des soins des centres de santé primaires urbains de Nagpur ont lancé une action d'arrêt de travail pour protester contre des mois de salaires impayés, révélant ainsi la grande précarité à laquelle est confronté le personnel. Syndiqué.e.s. au sein du Nagpur Municipal Corporation Contract Health Workers Union, les travailleurs.euses - dont la plupart sont des femmes - réclament le paiement immédiat de leurs cotisations, des prestations de sécurité sociale et la fin de la contractualisation.

Les travailleuses contractuelles des centres de santé primaires urbains (UPHC) de Nagpur (une ville de l'État indien du Maharashtra) ont décidé de cesser le travail à partir du 9 février 2026 pour protester contre les retards de paiement de leurs salaires depuis un an et demi. Les travailleurs.euses sont regroupé.e.s au sein du Nagpur Municipal Corporation Contract Health Workers Union, qui dépend du Nagpur Municipal Corporation Employees Union (NMCEU).

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Les infirmières des centres urbains de santé publique de Nagpur se sont syndiquées pendant la pandémie après avoir été confrontées à des EPI inadéquats, à des retards de salaires et à un stress extrême. Avec le soutien de dirigeants chevronnés et de l'ISP, elles ont obtenu leurs revendications par le biais d'une action collective. Depuis, le syndicat s'est développé, résistant aux politiques d'exploitation et luttant pour la régularisation, de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.

Inde : Comment les infirmières non syndiquées de Nagpur ont créé un syndicat gagnant

Le personnel des services de santé primaire en milieu urbain en Inde est employé dans le cadre de la National Urban Health Mission (NUHM) (qui fait partie de la National Health Mission (NHM))[1]. Chaque centre fonctionne avec environ 10 à 12 personnes, dont du personnel infirmier, un médecin, des technicien.ne.s de laboratoire, des pharmacien.ne.s et des comptables, dont la plupart (environ 90%) sont des femmes. Chaque centre dessert une population d'environ 3 000 à 5 000 personnes et fournit des services de santé primaire essentiels, notamment des services ambulatoires, des soins maternels et infantiles, des campagnes de vaccination, etc. Cependant, malgré la nature pérenne du travail entrepris, la quasi-totalité du personnel des UPHC est employée en tant que personnel contractuel. Cela signifie qu'ils/elles n'ont droit à aucune prestation de sécurité sociale, y compris aucun accès à l'assurance maladie, que leurs droits aux congés sont insuffisants et qu'ils/elle travaillent constamment dans la crainte de perdre leur emploi.

Les travailleurs.euses de la santé et des soins des UPHC de Nagpur s'organisent sous l'égide du NMCEU depuis trois ans[2]. Grâce à une approche syndicale structurée comprenant le renforcement des capacités des recruteurs.euses syndicaux.ales par le biais de formations régulières, le syndicat s'est développé pour inclure des travailleurs.euses de différentes catégories telles que le personnel infirmier, les comptables, les technicien.ne.s de laboratoire et les pharmacien.ne.s. Les principales revendications du syndicat portent sur les prestations de sécurité sociale, y compris les prestations d'assurance maladie, pour tous.tes les travailleurs.euses de l'UPHC, et sur la reconnaissance par le gouvernement de leur statut de travailleurs.euses permanents et l'arrêt de la contractualisation.

Grève en cours

Le personnel de l'UPCH se plaint de retards paiement des salaires depuis plusieurs mois. Au début de l'année 2025, le personnel de plusieurs UPHCS s'est plaint de ne pas avoir reçu de salaire pendant plus de trois mois. Le syndicat a envoyé plusieurs lettres aux responsables concernés de la Corporation municipale de Nagpur, mais les retards de salaires se sont poursuivis. En outre, le syndicat a indiqué que les travailleurs.euses n'ont pas non plus reçu d'augmentation de salaire depuis juillet 2025. Actuellement, le personnel de l'UPHC, y compris les médecins, n'a pas été payé depuis quatre mois.

Au début de l'année 2026, le syndicat a convoqué une réunion de planification afin de faire le point sur la situation et de dégager un consensus sur un plan d'action pour y remédier. Par un vote unanime, il a été décidé que tous les travailleurs.euses de l'UPHC commenceraient une action "d'arrêt de travail" au début du mois de février.

Dans une lettre adressée au commissaire du NHM et au médecin-chef de la Nagpur Municipal Corporation, le syndicat a annoncé son intention de se mettre en grève jusqu'au paiement de tous les salaires retardés et autres incitations. Dans sa lettre, le syndicat souligne également d'autres problèmes critiques auxquels les travailleurs.euses sont confronté.e.s, notamment l'augmentation de la charge de travail des comptables qui sont employé.e.s et perçoivent un salaire pour s'occuper des responsabilités d'un centre, mais qui, en réalité, sont amené.e.s à gérer deux centres.

Depuis le 9 février, les travailleurs.euses de la santé et des soins de 44 des 51 UPHC sont en grève. Pour éviter que les services ne soient complètement interrompus, les travailleurs.euses ont fourni des services de santé de base, mais ont cessé tout travail lié à la collecte de données, à la documentation et à l'établissement de rapports, qui sont tous des éléments essentiels des responsabilités des UPHC pour que le gouvernement puisse s'acquitter de ses obligations en matière d'établissement de rapports dans le cadre du NHM. Il s'agissait d'une stratégie délibérée, car le syndicat savait que c'était là que le gouvernement serait le plus affecté.

Après quatre jours d'action, le maire de Nagpur a convoqué le syndicat et lui a demandé d'arrêter le mouvement, lui promettant une résolution dans dix jours. Toutefois, après délibérations, le syndicat a estimé qu'il ne s'agissait que d'une tentative fragmentaire de résoudre le problème et, soulignant que de telles promesses avaient été faites auparavant mais n'avaient jamais été tenues, le syndicat a décidé de poursuivre l'action.

Depuis le 17 février 2026, 125 médecins de 45 UPHC (sur 51) et 85 centres de santé et de soins [3] ont rejoint les travailleurs.euses en grève et ont complètement fermé tous les services OPD. Il s'agit d'un succès important car, historiquement, les médecins et les assistant.e.s médicaux.ales ont rarement rejoint d'autres travailleurs.euses de la santé et des soins dans des actions conjointes.

Faisant part de ses réflexions sur l'action actuelle, Archana Nagpure, Secrétaire du Syndicat des Travailleurs.euses contractuel.le.s de la Santé de la Municipalité de Nagpur, a déclaré : "Nous nous donnons tous.tes à 100% et plus, nous nous efforçons chaque jour de répondre aux besoins de chaque patient.e. Mais qu'en est-il de nos besoins ? Comment le gouvernement peut-il attendre de nous que nous travaillions sans argent ? Cette situation dure depuis trop longtemps et nous demandons au gouvernement de respecter nos droits et d'arrêter de nous considérer comme acquis.es."

Le syndicat est fermement décidé à poursuivre son action jusqu'à ce que ses revendications soient satisfaites.


[1] https://nhm.gov.in

[2] L'ISP a aidé le NMCEU à s'organiser au sein de l'UPHCS en organisant régulièrement des ateliers de renforcement des capacités dans le cadre de son approche de l'organisation féministe.

[3] Il s'agit de centres récemment ouverts par la municipalité pour soutenir les UPHC.




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